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Dugny sur Meuse, le 8 octobre 2009
Objet : vœu d’urgence
L’intégration de l’IUFM à l’Université et la mastérisation ont, dès cette rentrée 2009-2010, aspiré les étudiants vers les grands pôles universitaires, au détriment des antennes de proximité telle que celle de Bar le Duc.
Les Professeurs des écoles étant plus polyvalents que les professeurs spécialisés, nous souhaiterions la création d’un master généraliste spécifique « Enseignant du premier degré », comportant un « tronc commun » et une spécificité territoriale « collant au terrain ».
Le bénéfice de cette démarche résiderait dans son profil de "parcours d'ouverture", ouvrant la voie, à un ensemble de débouchés professionnels alternatifs. Plus concrètement, l'IUFM de Lorraine proposerait par exemple, sur le site de Bar le Duc, une spécificité en développement durable et/ou patrimoine culturel engageant par le fait les étudiants à tisser des liens avec les acteurs économiques et socioculturels du territoire, notamment à l'occasion de stages hors milieu scolaire.
S’il est créé des master spécialisés, les choix seront restreints et les antennes ne possédant pas de laboratoire de recherche ne pourront plus accueillir nos étudiants ou ne seront pas attractives et disparaîtront.
Or les antennes universitaires permettent aux étudiants d’effectuer une formation au plus près des territoires et au plus près des classes. Si ces antennes disparaissaient le recrutement des professeurs des écoles risquerait de se faire, dans les territoires ruraux, « par défaut » sur liste d’attente et non par choix.
La synthèse des projets de master proposés par un groupe de travail sera faite pour le 30 octobre et donnera lieu à un texte d’orientation de la part du ministère. Les maquettes de master seraient prêtes pour mars 2010.
C’est pourquoi, Monsieur le Président, je souhaiterais que l’Assemblée Départementale interpelle, sur ce sujet, Valérie PECRESSE, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche et Luc CHATEL, Ministre de l’Education nationale et rappelle à Valérie Pécresse qu’elle a assuré la Fédération des Maires des Villes Moyennes lors de sa réunion du 4 février 2009, que les antennes de proximité des IUFM continueraient d'accueillir des étudiants.
En raison de l’autonomie des Universités, si ce master généraliste spécifique « Enseignant du premier degré » était créé, il faudrait également tenir compte de la volonté des Présidents d’Université, de maintenir ou non ces antennes.
LETTRES
A Valérie
PECRESSE
Luc CHATEL
et Bruno BOURG BROC
Madame Valérie PECRESSE
Ministre
de l’Enseignement supérieur
Et
de la recherche
21
rue Descartes
75005
PARIS
Dugny sur Meuse, le 8 octobre 2009
Madame la Ministre,
Vice-présidente du Conseil Général de la Meuse, chargée de l’éducation et de l’accès au numérique, je suis membre du conseil de l’IUFM de Lorraine et c'est à ce titre que je tiens à vous faire part de nos inquiétudes sur le devenir des antennes IUFM, en général, et de celle de Bar le Duc en particulier.
La réforme du recrutement des enseignants risque de faire disparaître ces antennes qui accueillaient jusqu'ici un tiers des étudiants d’ IUFM.
Déjà lors de la rentrée 2009-2010, l’intégration de l’IUFM à l’Université et la mastérisation ont aspiré les étudiants vers les grands pôles universitaires.
Il nous paraît pourtant important de prendre en considération les antennes IUFM de proximité qui permettent aux étudiants d’effectuer une formation au plus près des territoires et au plus près des classes. Sinon, le risque sera de recruter dans la ruralité et dans nos petites villes des enseignants sur liste d’attente « par défaut » et non par choix.
Qu’il me soit permis de vous rappeler que lors de la réunion de la Fédération des Maires des Villes Moyennes du 4 février 2009, vous avez affirmé que les antennes de proximité des IUFM continueraient à accueillir des étudiants.
Cependant, s’il est créé des master spécialisés, l'éventail des possibilités sera restreint. Les antennes ne possédant pas de laboratoire de recherche ne pourront plus accueillir nos étudiants ou ne seront pas attractives et finiront par disparaître.
Les Professeurs des écoles étant plus polyvalents que les professeurs spécialisés, ne serait-il pas souhaitable de créer, un master généraliste spécifique « Enseignant du premier degré », comportant un « tronc commun » et une spécificité territoriale « collant au terrain » ? Le bénéfice de cette démarche résiderait dans son profil de "parcours d'ouverture", ouvrant la voie à un ensemble de débouchés professionnels alternatifs.
Plus concrètement, l'IUFM de Lorraine proposerait par exemple, sur le site de Bar le Duc, une spécificité en "développement durable" et/ou "patrimoine culturel", sur le site de Sarreguemines, une formation aux "coopérations transfrontalières", engageant par le fait les étudiants à tisser des liens avec les acteurs économiques et socioculturels du territoire, notamment à l'occasion de stages hors milieu scolaire.
Ces orientations semblaient être accueillies avec enthousiasme par nos étudiants affectés par la réduction du nombre de postes offerts et par la difficulté accrue des concours résultant de ces restrictions.
Dans un premier temps, pour éviter de nouvelles manifestations d’étudiants dans la rue, il nous paraît dangereux d’instituer un numerus clausus qui bloquerait une nouvelle fois les réformes nécessaires.
Dans l'intérêt général, je vous serais reconnaissante de bien vouloir prendre en considération nos remarques et vous prie d’accepter, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.
Claudine
Becq-Vinci
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